C’est donc cela le monde que nous laissons à nos enfants et petits-enfants ! Un monde fabriqué par des mercantis au service du grand capital ! Un monde que nous avons laissé détruire par peur de perdre notre confort. Pour ce confort nous avons fermé les yeux sur la destruction de notre faune, notre flore…, nous avons fermé les yeux sur la destruction de nos acquis sociaux, nos services publics, notre école, nos université, notre culture, c’est-à-dire une culture qui nous ouvre sur le monde, sur les autres et non pas comme Zemmour et autres trublions osent l’employer.

Aujourd’hui je lis : « Le Sénat a définitivement adopté ce jeudi une proposition de loi visant à défendre la notion de « patrimoine sensoriel » des campagnes dans le droit français. Les sons et odeurs caractérisant les espaces naturels entrent désormais dans le code de l’environnement. » J’ai un vertige, c’est consternant ! Voilà le monde dans lequel je vis ou je survis devrais-je écrire. Il faut donc une loi pour éviter les procès fait aux coqs, au purin, aux cloches des vaches et des églises, aux grenouilles, aux poules et pourquoi pas aux oiseaux, aux rivières, aux cascades…. C’est cela aussi la perte de la culture. Je me souviens que par un beau jour de printemps, une libellule s’était aventurée dans ma classe, heureuse de la voir, j’allais m’extasier quand les cris de mes élèves paniqués me rappela à la réalité : ils étaient terrifiés par cet animal dangereux et me suppliaient de le tuer. Il fallut toute mon autorité pour qu’ils se calment et la menace de punitions pour qu’ils la laissent vivre sa vie.

Voici quelques semaines, lors de l’effervescence autour de la Loi sur le consentement sexuel d’un enfant, une sénatrice, une certaine Annick Billon a osé dire publiquement à la télévision « oui, il peut y avoir des enfants qui sont consentants, et ça, il ne faut pas l’oublier«  !

Avec le temps les crimes sur les enfants ne disparaissent pas, en revanche le regard que notre société porte sur ces crimes, change. Au XVe siècle, on ne rigolait pas et c’est pourquoi le compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, Gilles de Rai finit pendu et brûlé pour sodomie et meurtres sur des enfants, au XIXe siècle, sous cette IIIe République bien pensante, le journaliste Georges Grison déplorait en 1882, les peines trop légères réservés aux « bourreaux d’enfants », quant au XXe siècle, il a fait l’apologie de la pédophilie, amalgamant la culture grecque et les expériences malsaines de Flaubert avec les petits garçons de l’Orient et le XXIe siècle se pose en justicier : il faut dénoncer, punir, en revanche le lynchage n’est plus autorisé. Alors pour simplifier on ressort le hashtag #me too transformé en #me too inceste pour les besoins de la cause ! Le malheur vient de ce que tout à coup, tout le monde a violé son gosse ou un gosse, tout le monde a violé une jeune actrice naïve et pure, tout le monde a violé une jeune écrivaine innocente etc., etc… aussi comment départager le vrai du faux !

Tous droits réservés : Jeanne Bourcier

Une réflexion sur “Ô rage, Ô désespoir…

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