La littérature enfantine du 19eme siècle a bercé mon imagination, Paris a fait le reste. Paris, c’était mon Faubourg Saint-Denis, puis les courses aux Halles qui demeuraient encore le ventre de Paris, et c’est l’école des filles de la rue de Metz, la bibliothèque municipale du Xe arrondissement, située au dernier étage de la plus coûteuse mairie parisienne, le lycée Lamartine, la Sorbonne, la Bibliothèque Sainte Geneviève, ce sont les soirées à l’Île Saint Louis, les déambulations dans les musées dont les parquets craquaient encore sous les pas, les Puces, le marché d’Aligre, la rue Mouffetard…Je ne peux énumérer tous ces endroits qui m’ont donné la joie d’apprendre la grande histoire et de me perdre dans la petite.

La Porte Saint Denis

100 ans qui ont changé le monde. 100 ans d’émeutes, de révolutions, de changements de gouvernement, de guerres. Politique, société, religion …, tout va se transformer sous le regard des grandes banques qui pointent leurs nez sous le règne de Napoléon, s’installent sous Charles X, accompagnent sous Louis-Philippe et prennent le pouvoir sous Napoléon III. Ces 100 ans sont riches de littérature, d’art, de musique, de vie sociale, de transformations sociales, de batailles politiques, d’acquis sociaux … : elles sont le berceau de notre monde actuel. La guerre de 14-18 est l’aboutissement de ce capitalisme et de ces transformations, le monde ne sera plus jamais pareil, notre économie naît de cette boucherie, depuis la guerre n’a jamais cessé de sévir dans le monde, elle rapporte tant ! Quoi de plus juteux que le marché de l’armement si ce n’est ceux de la prostitution et de la drogue, ses deux comparses.

Ces 100 ans sont aussi l’âge d’or de la littérature. Le choix est immense, les idées fusent, la poésie prend son envol, les écoles se suivent sans interruption, les auteurs osent, rien ne les empêchent d’écrire, toutes les idées ont droit d’exister. Parfois un procès pour outrage à la moralité publique mais Baudelaire le prit plutôt bien : » Pour moi, c’est une bonne fortune; jamais je n’aurais osé espérer une telle réclame; tout le monde va se jeter sur mon livre pour y découvrir ce que je n’y ai pas mis. » ( Souvenirs littéraires Maxime Du Camp.). La même année, Flaubert avait connu, par le même biais, un succès immédiat : « Or il se trouve que mon roman passe maintenant (et en partie grâce à la persécution) pour un chef d’oeuvre. »( Correspondance : lettre du 20 janvier 1857 à son frère Achille Gustave Flaubert).

C’est ce monde que j’ai envie de partager sur ce blog. A travers les témoignages, les écrits, les journaux, les commentaires… glanés au fur et à mesure des années, je donnerai des nouvelles de cette époque à la fois plus rigide et plus ouverte que la nôtre. Ce qui ne m’empêchera pas d’aller faire quelques incursions dans d’autres siècles.