Philippe Muray !
Philippe Muray !
Philippe Muray !
Philippe Muray !

A la mode dans les années 70/80, journaliste, écrivaillon de La série érotico-policière, La Brigade mondaine publiée par Gérard de Villiers, ami de Sollers qui le publia, ami de B.H.L. qui le publia, ami avec tous ceux qui avait un semblant de notoriété dans ces années pré et post-mitterrandiennes, Pierre Muray a surfé sur la vague de la déconstruction de la langue, ce qui rend ses livres difficilement compréhensibles.
Mais s’il ne s’agissait que de cela, on ne ferait qu’en rire tant c’est démodé, malheureusement il comprit très vite qu’il pouvait passer pour un intellectuel de haut vol auprès d’un public « gauchiste » dont il se sentait plus ou moins proche, « J’ai été plus ou moins « gauchiste » écrivait-il en 2001.
Muray passait non seulement pour un romancier mais aussi un essayiste et un philosophe, lui qui n’avait jamais étudié la philosophie ! C’est agaçant cette manie des romanciers de s’autoproclamés philosophes sous prétexte qu’ils ont discuté avec Althusser ou Foucault dans leur jeunesse.
Son ami Sollers sut lui donner l’exemple, lui qui s’improvisa historien de l’art. Lui qui, à la fin des années 1970, signait « dans Le Monde— avec une cinquantaine de personnalités — un appel en faveur de trois hommes inculpés d’attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans » et persistait dans cet appel à la pédophilie quelques mois plus tard : « Le 23 mai 1977, il co-signe (avec notamment Jean-Paul Sartre, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Alain Robbe-Grillet, Françoise Dolto ou Jacques Derrida) une « Lettre ouverte à la Commission de révision du code pénal pour la révision de certains textes régissant les rapports entre adultes et mineurs » dans laquelle il est exigé que soient « abrogés ou profondément modifiés » les articles de loi concernant « le détournement de mineur », dans le sens « d’une reconnaissance du droit de l’enfant et de l’adolescent à entretenir des relations avec les personnes de son choix » (Wikipédia)
Et c’est cet ami qui publia, en 1984, son ouvrage phare Le XIXe siècle à travers les âges. Un XIXe siècle vu à travers de lointains souvenirs de l’université, mis à la sauce du sexe, de la mort, de la théosophie, du spiritisme, du magnétisme, du socialisme … sujets qui semblent à eux seuls résumer ce siècle ! Que d’imprécisions, de digressions inutiles, d’infatuation, que de confusion, de mésinterprétation, d’inexactitudes, de falsifications et quelle méconnaissance du XIXe siècle. Sa bibliographie s’appuie sur des auteurs du XXe siècle, qui ont travaillé sur les auteurs du XIXe siècle, afin de prouver que ce dernier est bien « l’arrière-monde du XXe »
Que de sottises, de préjugés il a pu ingurgiter ! Aucun recul, aucune recherche personnelle au point de répéter les lieux communs sur Hugo, Napoléon III et les autres, c’est à partir de Sartre qu’il parle de Baudelaire, du marxisme qu’il parle de Balzac… Tout est confus, surfait, c’est un étalage de réminiscences estudiantines, de souvenirs de conversations de fin de soirée, c’est un vomi de culture.