Introduction :

Notre monde moderne, curieux, numérique etc., etc. oublie, chaque jour davantage, ces femmes et ces hommes qui ont participé activement à la construction de notre littérature, qui ont laissé des œuvres riches, rigoureuses ou légères, exigeantes ou superficielles, peu importe puisque seul compte l’héritage littéraire qu’ils voulaient nous transmettre. Malheureusement, notre société sûre d’elle-même et de son bon droit, nous impose ses Marc Lévy, Guillaume Musso, Houellebecq, de Vigan, Slimani et j’en passe car ils ne m’intéressent pas, ils ne m’apportent rien, ni syntaxiquement, ni grammaticalement, ni littérairement : c’est le néant ! Mais le fait que les professeurs de Lettres eux-mêmes, au lycée ou à la fac, ne se battent pas pour transmettre une littérature que les éditeurs, âpres au gain, ont oubliée depuis longtemps, participe à la destruction de ce patrimoine littéraire. Je pense à une collègue de Lettres qui s’étonnait que je puisse connaître tant d’auteurs dont elle n’avait jamais entendu parler ! Je lui fis remarquer que ces auteurs n’étaient pas inconnus et qu’ils appartenaient à la littérature au même titre que Zola ou Maupassant, les deux auteurs préférés de nos enseignants modernes. Je suis affligée de constater que seulement quelques auteurs surnagent dans les cerveaux lobotomisés par les neurosciences de nos pédagogues modernes. Soyons in, faisons de la pédagogie différenciée, de la pédagogie inversée, de la pédagogie horizontale et ainsi nous assistons à l’inquiétante baisse du niveau intellectuel des élèves, de ces jeunes qui nous remplaceront et qui ne feront pas la différence entre a et à, entre le participe passé et l’imparfait, entre le XVIIe et le XIXe siècle, entre rien et rien ! Déjà les politiques, pas plus glorieux, ont décidé de supprimer les chiffres romains : trop compliqués ! Alors je veux laisser, tout au moins pour le XIXe siècle, quelques traces d’auteurs qui ne seront s’en doute jamais réédités ou qui ont été oubliés car trop dérangeants. Quant aux écrivains qui ont eu l’outrecuidance d’être antidreyfusards, ils ont disparu dans les oubliettes de la littérature. Je me souviens encore de la vague d’indignation lorsque je citais Alphonse Daudet, devant des collègues. Comment peut-on conseiller la lecture des Lettres de mon moulin ou des Contes du Lundi ? Laissons les collégiens ignorer ce monstre antisémite, et par là-même se priver des merveilleuses histoires de ce conteur de génie. Aussi ai-je décidé de partager quelques-uns de ces auteurs si injustement occultés.


Grand chemin de la postérité, les romantiques en cortège
Roubaud, Benjamin (dit Benjamin) (1811-1847), dessinateur-lithographe.

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