Je compare toujours notre époque au XIXe siècle, principalement. Non pas que je ne trouve rien à comparer avec les autres siècles mais ce XIXe me touche particulièrement, certainement parce que tous mes grands-parents y sont nés.

Ces derniers temps beaucoup me prennent pour une vieille réactionnaire parce que je ne porte pas aux nues la nouvelle égérie Corinne Masiero. Elle est actrice, revendique sa vulgarité, a été, selon ses dires, SDF, et joue dans une série médiocre, elle participe à des émissions pipi-caca, bite-couilles, elle ne m’intéresse pas. Donc après son buzz à la Cérémonie des Césars, buzz qui consistait principalement à se mettre à poil, couverte de sang, des tampons hygiéniques en boucles d’oreilles, elle est devenue, pour beaucoup, la grande combattante de ce mois de Mars 2021.

Je vois cela comme une mascarade dont tous les médias font leur Une. Il y a 150 ans, le 18 Mars 1871, commençait la Commune et je pense à toutes ces femmes qui ont combattu, qui sont mortes, qui ont été bannies, envoyées en Nouvelle Calédonie, qui ont vu leurs enfants, leurs maris, pères, frères mourir sur les barricades pour le premier Gouvernement ouvrier de l’histoire. Leurs revendications, bien des décennies plus tard, furent mises en place comme l’école obligatoire, gratuite et laïque ou le vote des femmes.

Tout cela me désespère ! Comment peut-on tomber dans le piège des médias. Qui peut penser que l’on combat en tortillant du fion ou en balançant ses nichons à la gueule de l’ennemi ? On ne combat pas en jouant le clown. Pour combattre, il faut de la rigueur, de l’organisation, des arguments forts, il faut aussi des orateurs convaincants et convaincus. Je n’ai jamais entendu dire que la rhétorique utilisait la nudité comme un argument fort, et encore moins les caca, pipi, popo mis en avant par une certaine Marina Foïs, actrice de son état.

Marina Foïs exhibant sa merde de chien

Et pour couronner le tout, Corinne Masiero enchaîne les interviews pour parler d’elle essentiellement : sa vie dure, sa vie de SDF, sa vie de pauvre qui la poussait à vendre de la came et bien, quitte à paraître ringarde, cela ne me fait pas rire. J’ai trop vu, autour de moi, des jeunes en mourir de la came, je ne pense pas que cela soit un sujet de fierté. Je comprends qu’elle ait eu besoin de manger mais peut-être pas au détriment de la vie d’autrui, non ? Elle revendique sa vulgarité, grand bien lui fasse, mais je n’aime pas la vulgarité, je n’ai jamais trouvé cela très constructif. Elle finit par se poser en caricature d’une fille de prolétaires du Nord de la France ! Vision réductrice du prolétariat.

Lorsque je lis les textes des femmes qui se sont battues, nées dans le monde ouvrier du XIXe siècle, je les trouve loin d’être vulgaires, c’est pourquoi elles ont pu construire une force sur laquelle les féministes s’appuient toujours. Refuser de se servir de notre corps pour obtenir nos droits est essentiel dans la lutte féministe car c’est notre corps que le capitalisme a toujours voulu et pour le travail et pour le plaisir. Alors ne lui faisons pas se plaisir et combattons avec nos vêtements, face à face avec ces messieurs en costumes qui ne voient en la femme qu’un objet de désir et de soumission.

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