Je suis une nostalgique. Ceci dit il faudrait être totalement aspiré par le monde que l’on nous propose pour ne pas l’être, nostalgique. De quoi suis-je nostalgique ? Du mal du pays, du mal de Paris comme chantait Mouloudji ? Oui et plus particulièrement du monde dans lequel je suis née, monde où vie publique et sociale existaient, monde dans lequel les gens ne s’enfermaient pas dans leurs écouteurs, leurs téléphones, leurs tablettes. Il était encore possible de passer des heures dans un café sans être ruiné et sans se sentir seul sur ces terrasses souvent désertées. L’on ne vivait pas dans un monde d’interdits : Pas fumer, pas critiquer, pas employer certains mots, pas plaisanter sur tout et n’importe quoi, pas refuser les cérémonies imposées, pas être un enfant rebelle et insolent et encore moins un adolescent provocateur, pas être hors des normes européennes, pas…, pas… : cela me rend dingue. Et nous vivons, paraît-il, dans un monde libre, que tous nous envient, un monde où tout le monde est gentil, beau, végétarien, éco citoyen, éco climat, zéro déchet, éco responsable, éco habitant, éco protéines, éco jardinier … Même les vaches ne sont plus mangeables ! Elles sont aux dernières nouvelles cancérigènes, ce qui m’a permis de me payer une bonne tranche de rigolade en voyant circuler sur Facebook évidemment, un petit dessin fort sympathique sur lequel des vaches, après la nouvelle médiatique de leur pouvoir cancérigène, devant un paysan accablé, dansent de joie à l’idée de ne plus être servies en bifteck :

Vaches cancérigènes !

Pauvres bêtes, elles vont être remplacées par des insectes de tous genres : asticots, vers, larves, grillons, sauterelles et j’en passe. L’on nous présente ces grouillants comme étant l’avenir de l’homme mais cette nourriture fort calorique n’appartient-elle pas plutôt à la prime histoire de l’humanité. Les Australopithèques s’en régalaient, en revanche ils n’avaient pas eu l’idée géniale d’en faire de l’argent. Je me souviens de documentaires, vus dans ma jeunesse, sur des peuples primitifs et de mon dégoût en les voyant engloutir des larves blanches et grasses, je ne me doutais pas alors que des start up les mettraient dans de petites barquettes en plastique transparent pour nous les vendre à des prix défiant l’imagination : 340 euros le kilo pour des vers de farine ! On vous les vend par 25 gr pour un apéritif de 4 personnes, certes c’est économique mais sachant qu’un oiseau, une mésange charbonnière par exemple qui pèse 16 g, mange son poids par jour, cela revient à dire que l’on mange moins qu’un piaf lors d’un apéritif qui se doit d’être festif ! Il existe des tableaux comparatifs entre les grillons et le bœuf sur les apports caloriques, le rendement et même les répercussions de leur élevage sur l’effet de serre. Cela laisse songeur car le bœuf dégage pour un kilo 7,08 g de CO2 et le cochon, ce salaud, 27,96 gr c’est énorme ! et le petit grillon n’en dégage que 0,09 gr et il est loin de peser 1 kilo. Mais au fait et nous les êtres humains ? on en dégage combien par kilo du CO2 ?

Il faudrait donc éradiquer tous les animaux que les hommes du néolithique ont eu la mauvaise idée d’élever pour nourrir les populations, c’est ainsi que l’on sauvera la planète et les hommes.

Tous droits réservés : Jeanne Bourcier

2 réflexions sur “J’ai le mal de …

  1. Bon étant végétarienne je ne vais évidemment pas débattre de l’intérêt ou non de la viande mais cette nostalgie tend à l’universalité. Et plus on vieillit plus on l’est, en tout cas pour ma part.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s