9/Je mange des filets de sardines, rien de plus banal et pourtant mon esprit ne peut s’empêcher de voyager dans le temps. Je regarde cette malheureuse boîte que je viens d’ouvrir grâce à cet anneau qui une fois sur trois se casse et je me souviens de la clé à sardines. Cett clé que toute bonne ménagère, tout étudiant dans sa chambre de bonne, tout clochard, tout pique-niqueur, tout campeur … se devaient d’avoir. Cette longue tige en fer, terminée à un bout par une fente et à l’autre bout par une poignée ovale qui servait de décapsuleur grâce à sa minuscule encoche, fut l’ustensile le plus design de ces 150 dernières années !

Dire que cet objet fut inventé en 1866 par un Américain, un certain John Osterhoudt. Et il arriva en France grâce au conserveur bordelais Émile Teyssonneau. Cette invention fut améliorée et lors de l’Exposition Universelle de 1900, l’on peut lire dans le rapport du Jury Classe 58, Conserves de viandes, de poissons,de légumes et de fruits. : « c’est à elle qu’on doit la naissance d’une foule de petites boîtes de formes variées contenant la portion d’une personne, et d’une grande utilité pour les chasseurs, touristes, etc… »

Saupiquet, qui, en 1886, avait inventé la petite clé individuelle, encore d’actualité à mon époque, avait rédigé la notice explicative : « pour ouvrir cette boîte, ilsuffit de faire tourner la clé sur elle-même jusqu’à l’angle opposé de celui auquel elle est fixée. »

Tout cela pour avoir manger des sardines !

*L’image mise en tête de ce texte est tirée du livre de Nicolas de la Casinière : Sardines à la clé.

Tous droits réservés : Jeanne Bourcier

Une réflexion sur “Souvenirs et Impressions épars

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