Henri des Houx (1848-1911) : journaliste royaliste légitimiste a 23 ans lors de la Commune et ce jeune agrégé de Lettres enseigne au lycée de Limoges. C’est l’évêque d’Orléans, Mgr Dupanloup, chef du parti religieux et sénateur inamovible, qui lui confie la rédaction de son journal : La Défense sociale et religieuse. En 1877, il donne, pour la préface du livre Histoire populaire de la Commune de Paris en 1871 d’Auguste Vidieu, abbé et historien (1831-1894), un extrait d’un article qu’il avait écrit, en 1877, à l’occasion d’une réédition « populaire, simplifiée, abrégée » de cet ouvrage qui comportait lors de sa première édition en 1871, 2 volumes et qui s’intitulait : Histoire de la Commune de Paris en 1871. Fervent catholique, Henri des Houx refusera de se rallier aux Orléanistes, en 1883, après la mort du Comte de Chambord qui ne laisse aucun héritier et deviendra l’un des précurseurs du Ralliement, c’est-à-dire l’un des premiers à accepter la République afin de défendre les intérêts catholiques, stratégie que Léon XIII adoptera 6 ans plus tard.

« Il y a six ans à peine, un des plus effroyables drames que l’humanité ait jamais vus s’est développé et dénoué à Paris; une association d’obscurs scélérats, grossie par un ramassis d’étrangers sans aveu, a pris possession de la capitale, en a chassé le gouvernement de la France, sous l’œil de l’ennemi, s’est plongée pendant deux mois dans l’ivrognerie et dans le sang, a massacré nos prêtres, nos religieux, nos magistrats et un grand archevêque, a incendié Paris, perdu sous la flamme et la mitraille. Pour venir à bout de cette ignoble émeute, il a fallu répandre à flots le sang des soldats ; pour sauver les derniers édifices et les quelques otages survivants, il a fallu exterminer une partie de cette race furieuse. Aujourd’hui nos plus illustres monuments étalent encore leurs ruines ; nos pavés portent peut-être encore des traces de sang : on n’a pas encore effacé sur nos maisons la cicatrice des boulets et des balles ; l’armée de la Commune est encore prête dans nos faubourgs à obéir à ses chefs, presque tous sains et saufs à Londres ou à Genève ; une presse infâme annonce chaque jour « la revanche de la Commune » et nous avons tout oublié. Il faudrait que l’histoire de la Commune fût mise entre les mains du dernier paysan, du plus chétif enfant de la dernière paroisse de France. Après le catéchisme, il n’y aurait rien de plus instructif pour notre siècle. On y
verrait où mènent le déchaînement de tous les vices et l’expérience de toutes les utopies modernes. Et quand on rirait du catéchisme et du Syllabus, le plus humble paysan répondrait : la Commune !
M. Vidieu a écrit pour la postérité l’histoire de la Commune de 1871.

La réédition de cet ouvrage et cet article ont été édités lors de la crise politique de l’année 1877 dite la Crise du 16 mai 1877, une date considérée comme aussi importante que le 18 Brumaire ou le 2 décembre 1851. Le président était alors Mac Mahon, un monarchiste convaincu, et la Chambre des députés, à majorité républicaine, était menée par Gambetta, évidemment les rapports étaient quelque peu tendus. Mais le 16 mai, Mac Mahon décida de dissoudre la Chambre et de nommer un chef de gouvernement en accord avec ses idées politiques, la crise était ouverte et elle ne se terminera que le 13 décembre 1877 quand Mac Mahon, après les élections législatives et plusieurs péripéties politiques, reconnaîtra sa défaite. Cette crise marque la fin du rôle actif du Président de la République et la reconquête d’un gouvernement dépendant du Parlement qui seul peut l’investir ou le révoquer, bref un retour au Parlementarisme absolu, né de la Révolution, de la Constitution de 1793. Mac Mahon se voulait « monarque roi », son successeur Jules Grévy allait inaugurer la longue liste des présidents sans pouvoirs réels.

Mac Mahon (1808-1893) Jules Grévy (1807-1891)

Tous droits réservés : Jeanne Bourcier

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