Lorsque l’on entend nos politiques, nos médias parler de personnalité algérienne, l’on a l’impression qu’ils parlent de terroristes, n’admettant pas que résister n’est pas terroriser mais se libérer d’un joug.

En 1860, Taxile Delord, journaliste et homme politique, publiait un ouvrage sur les Célébrités du jour et un chapitre était consacré à l’Emir Abd-el-Kader.

Taxile Delord 1815-1877 (député du Vaucluse de 1871 à 1876)

L’Emir s’était rendu aux Français en 1847, après 17 ans de luttes pour tenter de sauver l’Algérie de la colonisation, les géneraux qui l’avaient combattu respectait sa sagesse, sa droiture, son intelligence, son respect des droits de l’homme, sa culture et les Français tombèrent sous le charme, le charisme de ce chef de guerre.

Abdelkader ibn Muhieddine 1808-1883 عبد القادر بن محي الدين

Taxile Delord ne tarit pas d’éloges sur Abd-el-Kader, même si parfois il rappelle l’impact de la France sur l’Emir, il reste toujours très respectueux, rendant hommage à ce chef de guerre exceptionnel. Voici donc quelques extraits de ce texte qu’un grand nombre de nos contemporains devraient lire, méditer et prendre en exemple :

A peine investi du pouvoir, Abd-el-Kader ne perdit pas un instant. Il organisa la lutte avec une habileté à laquelle nos généraux ont rendu justice et il la dirigea, de sa personne, avec une bravoure calme et intrépide que notre armée a plus d’une fois admirée.
De toutes parts, les hommes les plus vigoureux, les cavaliers les plus hardis venaient se ranger sous ses ordres. En 1832, il attaqua la place d’Oran avec 10,000 hommes et ce ne fut qu’après trois jours d’une lutte, héroïque de part et d’autre, que le général Boyer put repousser l’armée arabe. Au plus fort de l’action on avait vu sur les glacis Abd-el-Kader à cheval, excitant ses soldats de la parole et du geste, servant de point de mire aux défenseurs de la place sans se soucier des projectiles qui tombaient comme grêle autour de lui.

Dans les paragraphes qui suivent on retrouve ce chauvinisme qui prétend, toujours aujourd’hui, apporter le génie qui manque aux autres nations et en particulier aux nations africaines.

Abd-el-Kader sauva les Chrétiens de Syrie en 1860, le journal Le Siècle rapporte des témoignages : « Nous étions consternés, nous étions tous convaincus que notre dernière heure était arrivée […]. Dans cette attente de la mort, dans ces moments d’angoisse indescriptibles, le ciel nous a envoyé un sauveur ! Abd el-Kader est apparu, entouré de ses Algériens, une quarantaine d’entre eux. Il était à cheval et sans armoiries : sa belle figure calme et imposante contrastait étrangement avec le bruit et le désordre qui régnaient partout. »

C’est incroyable ce sentiment de supériorité, cette croyance que seuls les Français ont des sentiments généreux et humains, qu’ils enseignent aux autres ! Et c’est cette seule croyance qui perdure aujourd’hui, les discours des uns et des autres ne font que développer cet égocentrisme national infernal. C’est bien vite oublier ce que la France fit, comme d’autres pays, subir à ceux qu’elle colonisa.

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