Dans ses pires cauchemards, Viel-Castel n’aurait pu imaginer à quel point la bêtise et la décadence toucheraient le XXIe siècle ! L’Odyssée « spectacle musical rend la mythologie grecque accessible et amusante pour un jeune public » titre Le Figaro du 1er Novembre 2024. Mais la mythologie est accessible et amusante par elle-même, elle n’a pas besoin de bouffons pour la ridiculiser comme dans ce spectacle qui commence par un rap et use d’un langage de collégiens dont on ne cherche même plus à corriger les bêtises : « Les Troyens, c’est des bolosses » , « Hermès, le roi des SMS » qui ressent « le seum » et s’interroge « Quoicoubé », tout cela avec les interventions d’une voix off censée contextualiser l’histoire en slamant ! J’arrête là, la sidération m’étouffe.
Je nous revois petits enfants lisant les Contes et légendes de la Mythologie grecque.

Toutes les bibliothèques scolaires possédaient un volume de ce livre que l’on nous faisait découvrir dès le CE1. Il nous accompagnait au long de notre Primaire et lorsque nous arrivions en 6eme, que le programme d’histoire et de français portait sur l’Antiquité, nous n’étions pas « étonnés », « perdus » ou ce que vous voulez d’autre !
Nous n’avions pas besoin d’histrions pour nous rendre « attractives » l’Iliade et l’Odyssée, nous lisions simplement des versions adaptées aux enfants :

En 2024, pour mieux attirer le public, ce spectacle navrant est joué au Théâtre des Variétés, l’un des plus vieux théâtres de Paris, créé, en 1807, par Melle de Montansier, propriétaire du fameux théâtre de Versailles inauguré en 1777, preuve que les femmes n’étaient pas complètement ignorées, soumises, humiliées et j’en passe, par les hommes.

C’est dans ce théâtre des Variétés que furent créés, en 1836, Kean de Dumas, les opéras-bouffes d’Offenbach, Topaze de Pagnol, en 1928 …. Vous pourriez me rétorquer qu’Offenbach le choisit, en 1864, pour y faire jouer La Belle Hélène. Certes mais c’était une parodie, une critique sociale, une caricature des opera seria dont les sources d’inspiration trouvaient leurs racines dans la mythologie gréco-romaine, ces opéras-bouffes s’adressaient à un public cultivé, qui connaissant les références, riait de la critique.

Tous droits réservés : Jeanne Bourcier