Quand je pense que les funérailles nationales du seul poète existant aux yeux des médias et des politiques, Victor Hugo ou Totor pour les intimes, ont été comparées à celles de Johnny Halliday ! Ah ! Il a dû prendre un coup à son orgueil le Maître ! Lui, mis sur le même plan qu’un vulgaire chanteur populaire ! Je trouve cela risible et pathétique, tellement représentatif de notre époque terriblement superficielle et aculturée.
Après cette triste comparaison, écoutons ceux qui furent les témoins visuels de cet enterrement grandiose, premier hommage national rendu à un écrivain. Il faut dire que le peuple, comme toujours, devait être calmé car les Communards revenus en France restaient une menace révolutionnaire : alors quoi de mieux que de célébrer dignement la mort de l’auteur des Misérables, du député qui avait pris parti contre la peine de mort et plaider pour le retour des Communards. Il en faut peu pour apaiser la colère du peuple (on le voit bien aujourd’hui).
Tout cela pour amuser le peuple et Edmond de Goncourt ne s’y trompe pas : » Vendredi 22 mai. Drôle de peuple que ce peuple français ! Il ne veut plus de Dieu, il ne veut plus de religion, et vient-il de débondieuser le Christ, aussitôt, il bondieuse Hugo et proclame l’hugolâtrie. » et de continuer sur plusieurs jours :

« Lundi 25 mai. […] Jamais, dans les choses humaines, la blague ne fut si monstrueuse qu’à l’heure présente. Hugo a pourpleureurs officiels



Encore un héros de la résistance à l’hugolâtrie.