Sarkozy a osé ! Journal d’un prisonnier sort quelques jours après sa libération de la Santé ! Dois-je rire ou pleurer ? Ce malfrat assassin se pose en victime ! Il a repris le titre de son ami l’avocat Goldnadel, un des conseillers de Netanyahou, qui a imaginé son emprisonnement dans une France sous domination de l’Islam et de Mélenchon ! Ce dernier a dû demandé à quelques sbires de lui trouver un titre. Malheureusement, ils ne savaient pas que ce titre a été maintes fois utilisé dans l’histoire de la littérature, avec cependant quelques nuances.

Au XVIIIe siècle nous avons Souvenirs d’un prisonnier de la Bastille (1702-1713) de Constantin de Renneville (1677-1723), protestant qui avait eu la malencontreuse idée de composer quelques vers à l’encontre de Louis XIV et Philippe V : onze ans pour quelques lignes qui lui valurent l’appellation d’espion.
Plus près de nous nous avons Henri Charrière (1906-1973) dit Papillon, treize ans de bagne pour un crime qu’il a toujours nié, Gramsci (1891-1937) emprisonné de 1926 à sa mort pour délit d’opinion, mauvaise idée d’être communiste dans une Italie fasciste.
Mais c’est au XIXe siècle que fleurissent les arrestations, ceux qui ont fréquenté les prisons sont pléthore ! Certains en ont fait un livre de réflexion, d’autres estimaient que les quelques jours ou quelques mois passés à Sainte-Pélagie ne méritaient qu’un pamphlet, quelques lignes de souvenirs, quelques allusions dans un roman, et puis les poètes et les chansonniers, qui ont laissé un volume de chansons La Marotte de Sainte-Pélagie, se fendaient d’une petite oeuvre ou d’un poème comme Gérard de Nerval : Politique (Odelettes)
Dans Sainte-Pélagie,
Sous ce règne élargie,
Où, rêveur et pensif,
Je vis captif,
Pas une herbe ne pousse
Et pas un brin de mousse
Le long des murs grillés
Et frais taillés.
Oiseau qui fends l'espace...
Et toi, brise, qui passe
Sur l'étroit horizon
De la prison,
Dans votre vol superbe,
Apportez-moi quelque herbe,
Quelque gramen, mouvant
Sa tête au vent !
Qu'à mes pieds tourbillonne
Une feuille d'automne
Peinte de cent couleurs,
Comme les fleurs !
Pour que mon âme triste
Sache encor qu'il existe
Une nature, un Dieu
Dehors ce lieu.
Faites-moi cette joie,
Qu'un instant je revoie
Quelque chose de vert
Avant l'hiver !
Courbet, quant à lui, a laissé un autoportrait :

Courbet : Autoportrait à Sainte-Pélagie
La référence du journal d’un prisonnier est sans doute, Mes Prisons de Silvio Pellico (1789-1854). Membre des carbonari, il fut arrêté en 1820 par les Autrichiens lors de la répression de l’insurrection italienne et restera enfermé, non pas trois semaines mais dix ans : le temps d’écrire une oeuvre qui bouleversa les esprits et qui est encore aujourd’hui une source de renseignements sur les conditions carcérales de ce premier tiers du XIXe siècle et sur l’apparition de la torture psychologique utilisée par les autorités.
Et enfin pensons à tous ces hommes qui sous le titre Journal d’un prisonnier publièrent les souvenirs de leur incarcération dans un camp ennemi.
Je ne crois pas que notre ex-président Sarkozy ait eu la moindre pensée respectueuse pour ceux qui souffrirent pour avoir exprimé leurs idées, pour avoir défendu la liberté, se sont battus sur ordre de leur pays …
Comment en sommes-nous arrivés à tant d’indécence morale ?
Tous droits réservés : Jeanne Bourcier


Je trouve le terme bien trouvé :
Indécence morale.
Tout y est dit.
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Après, on peut se référer à Georges Brassens et ses mots finement ciselés…
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