J’entends les enfants de mes voisins fêter leur anniversaire. Ils sont heureux, insouciants, la vie leur paraît si joyeuse !

Je me souviens des joies de mon enfance, de mes espérances, la vie me semblait une éternité, mes parents étaient auprès de moi que pouvait-il m’arriver ? Je croyais que notre famille s’agrandirait, que mes frères se marieraient, auraient des enfants, je rêvais déjà de grandes tablées, de vacances familiales comme dans la Comtesse de Ségur … je ne savais pas qu’il est difficile de vivre. Je ne savais pas qu’un jour, ils ne seraient plus autour de moi ceux que j’aimais, je ne savais pas qu’un jour mes petits-enfants me rendraient visite de temps en temps, que les jouets et les livres que j’avais gardés pour eux, resteraient bien sagement rangés dans un placard, je ne savais pas que l’amour ne suffit pas à rendre heureux ceux que l’on aime, je ne savais pas que l’on est si seul que, parfois, le coeur se serre jusqu’à faire mal.

Je ne savais pas que les petites filles grandissent pour devenir de vieilles dames au coeur mille fois brisé.

Tous droits réservés : Jeanne Bourcier

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