Les petits pingouins jouent dans les vagues et ils ignorent le danger venu des fonds des mers. Que leur importe, ils rient, ils se pensent immortels, ils ne comprennent pas que le temps ne leur épargnera pas les larmes. Pauvres petits pingouins ! Qui vous prévient que la vie file aussi vite que le vent ?
Les petits humains jouent dans les ruines d’un monde et ils n’ignorent pas le danger venu des adultes, puisque notre société tient à leur montrer la vie sous des aspects que leurs petits cerveaux ne peuvent conceptualiser. Pas de leçons de morale mais des leçons de sexualité, d’empathie, de consentement et que sais-je d’autres …. Bientôt les parents devront demander la permission à leurs enfants pour les embrasser …
Il me semble, avec l’âge sans doute, que les conseils des adultes qui nous répétaient de ne pas accepter de bonbons d’un inconnu, de ne jamais suivre un gentil monsieur ou une gentille dame ( l’idée que seuls les hommes sont tous des obsédés sexuels, violeurs et compagnie n’était pas encore à la mode) que nous ne connaissions pas et parfois même que nous connaissions, nous suffisaient amplement. Le simple fait de nous dire que nous ne reverrions jamais Maman et Papa nous tétanisait au point que nous saisissions, sans besoin de rentrer dans des détails que nous n’aurions d’ailleurs pas compris, qu’il fallait savoir refuser les avances, que nous devions nous méfier des apparences mielleuses de certains adultes. C’est amusant aujourd’hui encore je me méfie toujours de ces gens dont la voix sussurre des mots fleuris, ils manient une niaiserie qui me met mal à l’aise. J’ai alors l’horrible sensation d’assister à une scène indécente.
En Palestine et dans les pays où les enfants meurent sous les bombes, la mode du consentement n’est pas d’actualité et l’on voudrait demander à tous ceux qui les tuent s’ils leur ont demandé leur accord pour les assassiner, les torturer, les mutiler, les briser non seulement dans leur chair mais aussi dans leur coeur, dans leurs affections. Alors là pas besoin d’expliquer aux enfants que leur corps est à eux, que les autres doivent le respecter, non là ils n’ont rien à dire, leurs corps sont la propriété des marchands d’armes et des militaires comme les petits pingouins sont la propriété des prédateurs marins.
Tous droits réservés : Jeanne Bourcier




