Plaque commémorative :17 rue de la Fontaine-au-Roi (XIe arrondissement)

Introduction

L’Histoire de la Commune, voilà le cauchemar de la classe exploitante ! — Enseigner à ceux de 1878 ce que voulurent ceux de 1871 —retracer au prolétaire d’aujourd’hui le repoussant et sinistre tableau du privilégié d’hier pataugeant ignominieusement dans le sang du travailleur parisien, — c’est suivre la bonne voie, car c’est là ce que nos ennemis redoutent le plus !* Comme cet éditeur bruxellois, nous pouvons aujourd’hui, écrire que la classe exploitante refuse que soit enseignée la Commune. On n’en a pour preuve, les milliers d’élèves qui achèvent leur scolarité sans jamais avoir entendu parler de ce qui fut le Premier Gouvernement ouvrier de l’histoire.

Mars 2021, cela fera exactement 150 ans que les travailleurs parisiens se soulevèrent contre un gouvernement qui, encore une fois, voulait imposer sa loi, ses valeurs bourgeoises du capitalisme, imposer sa dictature à la classe ouvrière.

Le 4 septembre 1870, la bourgeoisie poussée par le peuple déclare la République après avoir proclamé la déchéance de Napoléon III, défait à Sedan. Cette Révolution du 4 septembre 1870 fut une Révolution bourgeoise faite par des bourgeois ainsi que le prouve la composition du gouvernement et le fait qu’ils conservèrent tous les élus, fonctionnaires, agents divers de l’Empire. Arthur Arnould résume parfaitement la scission entre ces bourgeois de gauche et le peuple, scission née 22 ans plus tôt, en juin 1848 : « La partie avancée de la bourgeoisie suivait les hommes de la gauche. Le peuple appartenait en général au mouvement inauguré par l’Association internationale des Travailleurs. »

Le 18 Mars 1871 la Garde Nationale, après avoir refusé, le 16 Mars, de livrer au Gouvernement de Versailles, les canons de la Place des Vosges, s’oppose au Général Vinoy, commandant en chef de l’armée de Paris après la démission de Trochu. Paris se soulève. Mais les mesures qui auraient pu sauver la Commune ne sont pas prises comme l’écrit Victorine Brocher :  « […] et ce pauvre Paris qui a toujours besoin de clinquant nous donnait le spectacle d’un magnifique défilé militaire de la ligne, des gendarmes allant à Versailles, qui avec des caisses, des malles, des paquets sur leurs épaules, emportaient avec eux argent et archives ; et qui plus est, tous ces gaillards allaient renforcer les bataillons des Thiers et Cie, lesquels en réalité étaient en désarroi, en ce moment-là. »

Comme beaucoup, Victorine Brocher eut, alors, le pressentiment de l’insuccès de la Révolution. Mais peu importait ce ressenti, elle comme tous les Communards se battirent pour cette « ère nouvelle ». Le peuple ne se trompa pas, il se battit, acceptant de mourir en criant : « Vive la Commune ». Et 150 ans après, ce cri retentit toujours aux oreilles de celles et ceux qui, comme Elisée Reclus, pensent que la Commune : « a dressé pour l’avenir, non par ses gouvernants mais par ses défenseurs, un idéal bien supérieur à celui de toutes les révolutions qui l’avaient précédée ; elle engage d’avance ceux qui veulent la continuer, en France et dans le monde entier, à lutter pour une société nouvelle dans laquelle il n’y aura ni maîtres par la naissance, le titre ou l’argent, ni asservis par l’origine, la caste ou le salaire. Partout le mot « Commune » a été compris dans le sens le plus large, comme se rapportant à une humanité nouvelle, formée de compagnons libres, égaux, ignorants l’existence des frontières anciennes et s’entraidant en paix d’un bout du monde à l’autre. »

En modeste hommage à la Commune et aux Communards, je propose cette anthologie des textes non seulement de ceux qui combattirent pour leur liberté mais aussi de ceux qui étaient les ennemis de cette liberté.


* Préface de l’éditeur Henri Kistemaeckers. il publia dans sa librairie socialiste : Histoire populaire et parlementaire de la Commune par Arthur Arnould (1878)

Tous droits réservés : Jeanne Bourcier

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